
|
|
| | Interlude 01 : Des Origines à nos jours | |
| | Auteur | Message |
|---|
Omertà

Nombre de messages: 30 Date d'inscription: 29/12/2008
 | Sujet: Interlude 01 : Des Origines à nos jours Sam 7 Fév - 18:01 | |
| Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés, et de partager les fléaux qui lui sont destinés. Apocalypse, XVIII, verset 4 Ils auraient dû écouter les Saints préceptes de la Révélation XVIII de Saint Jean, ceux qui ont décidé de construire la cité. Ils étaient sept. Sept hommes et femmes à avoir apposé leur signature à la Charte urbaine. Sept Sceaux donnèrent leur nom à cette bourgade. Ce fut en l'an de grâce 1861. Dès lors, ce fut comme si une malédiction s'était abattue sur la ville. Les sept signataires, de différentes nationalités, se voyaient déjà reconstruire une Tour de Babel qui défierait les édifices les plus prestigieux. Ils aspiraient à la paix, à la quiétude, à la fraternité entre peuples. Mais, après la fondation du premier bâtiment de la ville, les signataires se séparèrent, chacun ayant en charge la construction d'un quartier de la ville. Giovanni Benedetto fut le premier à achever son oeuvre: l'Anima Antica. Peu de temps après, ce fut Lu Wan Jiu qui acheva un quartier, dès lors nommé en hommage à son pays natal. Ensuite vint Ernesto Fuestra qui acheva le Barrio Esterior. Ces noms devinrent vite sacrés et nul homme n'osa jamais salir leur mémoire. Jefferson Limemind investit ses fonds dans la création d'un immense quartier résidentiel blanc, Bitterhood. Puis, déjà, l'histoire se brouille. Nul ne sait ce qu'il advint des trois dernières signatures de la première charte, qui ne devinrent que vulgaires taches sur un parchemin sans âge. Les noms tombèrent vite dans l'oubli et cela aurait pu ne rester qu'un détail ... Mais la cupidité, l'avidité des hommes est sans limite et ne connaît aucun sens moral. Le projet des Pères Fondateurs de créer une cité qui rassemblerait les hommes de toutes origines en un même havre de paix dura jusqu'à leur mort ... Et le temps nécessaire à l'effacement total de leur mémoire et de leurs idéaux dans la tête de leurs citadins. Puis vint le temps des chacals et des charognes, de ces êtres sans foi ni loi pour qui toute mémoire n'est qu'un frein à l'assouvissement de leurs ambitions. On oublia bien vite les messages de fraternité et de coopération entre les Seven Seals. Puis, plus le temps passa, plus le Dieu Dollar étendit son emprise sur nombre de fidèles. Les luttes de pouvoirs commencèrent à gangréner la cité. Les Chinois se soulevèrent contre les Italiens, les Natifs contre les Latinos, et tous se dressèrent contre tous. Et le tourment qu'elles causent est comme celui de l'homme que blesse le scorpion. En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas. Ils souhaiteront mourir et la mort les fuira. Apocalypse, IX, versets 5-6 Car la vie fut pire que la mort en ces moments-là. Nous étions dans les années 1930. Le moment de la Grande Dépression, les cartels se partageaient la ville, étripant ceux qui autrefois avaient été leurs plus fervents alliés. La valeur d'un serment n'avait plus cours en ces heures sombres. Les Thompson avaient prédominance sur les traités et il n'y avait plus de rivaux en affaires, plus d'adversaires, mais seulement d'irréductibles ennemis. La date du 14 novembre 1932 frappa les esprits. Un restaurant explosa dans l'Anima Antica, on retrouva parmi les décombres la main carbonisée d'une petite fille encore agrippée à la poignée d'une petite mallette. La violence urbaine atteignit un paroxysme inimaginable. Toute la haine accumulée en ce bas-monde se déversa telle une vague irrésistible sur l'ensemble de la cité, consumant tout sur son passage. Un cycle ininterrompu de violences, de coercitions se mit en place. Ce fut le temps des batailles rangées entre quartiers, de guerres à n'en plus finir, de vendettas toutes plus sanglantes les unes que les autres. On tuait pour l'honneur, pour l'argent, mais rarement par plaisir. Le meurtre était encore quelque chose de très fort, de très symbolique, on suivait une certaine mentale, on procédait selon un strict code d'honneur. La ville s'embrasait d'un incendie à la propagation maîtrisée. Une guerre baroque, où le sang coulait proprement. Que n'aurait-on pas fait pour continuer à se voiler la face et vivre dans cette croyance que la violence pouvait être aussi quotidienne, banale, désespérément normale et surtout, honorable ? Mais avec le temps, la réalité finit par exploser. Petit à petit, on s'acheminait vers le point de non-retour... En 1953, le 12 novembre, la Banque Fédérale fut l'objet d'une attaque et disparut dans une dantesque déflagration qui ouvrit les bouches de l'Enfer au coeur de la ville. Jusqu'alors, les guerres avaient certes déchiré les quartiers, mais point d'honneur avait été mis à ce que certains éléments restent sacrés: la Banque, l'Eglise, le Commissariat et quelques autres. Un contrat tacite liait les chefs de clans et l'incendie de la banque embrasa les rancunes. Lorsque Don Alessandro Benedetto mourut le 4 décembre 1961, il annonça une étrange prophétie. Le dernier descendant en ligne directe de Giovanni Benedetto, l'homme qui avait participé à la fondation de la ville, révéla de curieuses réalités. Les Seven Seals, ces sept signatures originelles, avaient enfermé la ville dans ce cercle vicieux de la corruption, du vol et du meurtre. Les Sept s'étaient partagés des territoires et régnaient chez eux. Mais tant que les six autres étaient en poste, nul ne pouvait dormir paisiblement. Pour les fondateurs, il ne s'agissait pas d'anéantir les autres signataires mais de créer une Entente sous une même bannière, ainsi fut bâtie la Cité des Seven Seals. Mais avec le temps, les rancunes parasitèrent ces belles dispositions, chacun campant sur ses positions, nul accord ne pouvait être trouvé, chacun ne faisant aucune concession, nulle alliance ne pouvait être forgée. Alors, ce fut la guerre. Et Don Alessandro Benedetto mourut dans son lit, âgé de 63ans, sans en révéler davantage. |
|  | | Omertà

Nombre de messages: 30 Date d'inscription: 29/12/2008
 | Sujet: Re: Interlude 01 : Des Origines à nos jours Sam 7 Fév - 18:04 | |
| Et les habitants des maisons d'argile, alors, ceux qui se fondent sur la poussière ! On les écrase comme une teigne. D'un matin à un soir, il seront broyés. Sans qu'on y prenne garde, ils périront à jamais. Livre de Job, IV, verset 19-20 Comment faire pire qu'auparavant ? En ajoutant à la violence quotidienne, à la fatalité qui en avait découlé un mépris total pour toute vie humaine, pour toute organisation, pour tout idéal d'ordre. L'ère des individus commença. Finies les grandes causes qui méritaient la mort. Policiers et criminels travaillèrent main dans la main pour participer à leur avancement mutuel. Un nouveau facteur intervint dans les relations: la réputation. Il ne fallait plus simplement tuer pour sa survie ou arrêter un criminel car il constituait un danger pour tous. Non, il fallait devenir le meilleur, le premier, le plus reconnu dans son milieu. Le reste importait peu ... Les gens devenaient inexistants. La ville se désincarnait. Tout ce qui faisait l'âme des Seven Seals disparut devant la toute puissance de l'égoïsme. L'ami ne valait plus que par le nombre de dollars qu'il pouvait rapporter. Tout devenait une question de profit personnel. Tout ce qui faisait la grandeur d'une cause avait tout simplement disparut. Jusqu'à Son retour, après trente-sept ans d'absence. Un homme d'une autre génération, d'une autre carrure. Malgré toutes ces années passées en prison, il était resté le même. Son regard bleu acier n'avait pas changé. Ses cheveux avaient blanchi et lui donnaient l'air respectable. Il revint dans une ville qu'il ne reconnut pas ... Mais sa rapidité à s'adapter fut foudroyante: Iakov Mavriki était revenu. Le gangster russe qui avait tant nuit aux organisations pendant les années 1930, un homme plus craint que respecté, que tous les truands s'étaient jadis jurés de le précipiter dans la Jinha, poids de béton aux pieds, mais que tous, dans leur for intérieur, admiraient de par sa capacité de survie et ses méthodes innovantes. Llui qui avait été arrêté le 3 mars 1936 était à nouveau relâché en ville. Il revint en ville le 12 septembre 1973. Il prit en main la zone industrielle, alors en plein essor. Il montra à la fois un talent d'homme d'affaires avisé et de véritable leader. Son charisme, sa ... personnalité amenèrent un vent nouveau dans la ville. La réputation connut des jours sombres puisqu'elle ne vous valait plus désormais qu'à être retrouvé un matin dans une poubelle d'une ruelle sombre et étroite. La gloire d'une ordure finissait invariablement dans les déchets de la société. Il eût été trop facile pour les adeptes de l'ordre de l'emporter sur le chaos de l'égoïsme. Car les syndicats du crime des natifs se reformèrent, les latinos reformèrent d'antiques fraternités, de leurs cendres naquirent de nouvelles sociétés secrètes chinoises. Bref, ce fut le chaos. Plus besoin de la police pour juguler le flux de violence: les criminels s'entretuaient par bandes organisées d'une manière excessivement efficace ... Et Iakov Mavriki en eut conscience avant tous les autres. Il avait vu le danger que représentait les guerres ouvertes et avait à plusieurs reprises tenté de concilier les intérêts de la nouvelle mafia russe avec ceux des autres clans dans le but avoué de se débarrasser des parasites indépendants. Mais hélas, les rivalités presque séculaires l'en empêchèrent et nul ne vit poindre le danger. |
|  | | Omertà

Nombre de messages: 30 Date d'inscription: 29/12/2008
 | Sujet: Re: Interlude 01 : Des Origines à nos jours Sam 7 Fév - 18:05 | |
| Si vous naissez, vous naissez pour la malédiction, et si vous mourrez, vous avez en partage la malédiction. Tout ce qui vient de la terre retournera à la terre, ainsi les impies vont de la malédiction à la ruine. Siracide, XLI, 9 - 10 Deux fléaux vinrent étreindre le grand banditisme: les indépendants, désormais nommés plus simplement Outlaws par les médias et les Policiers. Le crime organisé est médiatique, le faire tomber assure du prestige, une position, un piédestal. D'autant plus lorsque des vauriens ambitieux se mêlent à la partie et vendent leurs services indifféremment au plus offrant, à la police, ou tout simplement ... à celui qui servira aux mieux ses intérêts. La fin des Seventies fut marquée par cette mascarade urbaine, ce tétanos qui infecta tous les rouages de la cité. L'âge d'or des tueurs à gages. Jusqu'à ce que la police emploie les grands moyens et purifie la cité par le vide. Vingt ans. La cité connut vingt ans de paix relative. La légende des Seven Seals narrée par Don Alessandro Benedetto ne subsistait même plus dans le folklore. La ville semblait avoir acquis une certaine normalité. On se surprenait à flâner dans les rues, à découvrir de nouveaux détails dans les quartiers, à humer un air non vicié par le sang ou la peur. Pour la première fois depuis bien longtemps, il faisait bon vivre aux Seven Seals. Qui peut dire l'effet produit lorsque l'on se balade dans un parc impunément, pour le seul plaisir de prendre du temps, et sans risquer de tomber sur ces fondus de la détente que sont les membres de la Hermandad, cette confrérie latino qui avait jadis pour objectif de maintenir tout le trafic d'armes de la ville en coupe réglée. Désormais, tout était calme, les policiers s'empâtèrent, les criminels faisaient profil bas, ruminant sur les "grands jours" qui les avaient vus jadis au sommet. La purification, quoique incomplète, avait atteint son objectif. Jusqu'au bug de l'année 2000. La violence urbaine reprit d'un seul coup. Des dizaines d'assassinats furent savamment orchestrés pour générer un chaos urbain total. Les quartiers entiers sombrèrent dans une psychose noire et la spirale infernale recommença, avec de subtiles nuances. Les Russes étaient désormais de la partie, tout comme les Noirs des Docks de la Jinha. Nul ne sait réellement ce qu'il était advenu des Italiens, mais ils furent les grands absents de cet embrasement. Chinois et Latinos se lancèrent dans de perpétuelles guerres de frontières et de territoires. Mais même au sein des factions, les rivalités montaient. Des Argentins tendaient des embuscades à des Cubains, les Mexicains s'étaient faits des Honduriens leurs ennemis jurés tandis que les Russes connaissaient une crise interne. Les beaux jours revinrent pour les Outlaws, Mercenaires et Tueurs à Gages. Vint le temps étrange où on se préoccupait plus d'éliminer un potentiel candidat à la succession que des chiens de guerre fous dangereux, sans âme ni règle. Voici le jour, voici venir le terme; il est en route. La brutalité prospère, l'insolence s'est dressée, bâton de la méchanceté. Il ne reste rien d'eux, rien de leur clameur, rien de leur grondement; plus de répit pour eux. Le temps vient, le jour est imminent. Ezechiel, VII, 10 Ce jour vint, lorsque les hommes de la cité étaient plus préoccupés par l'élimination physique de leurs rivaux que par la cause première qui les avaient un jour rassemblés. Qui se souvient aujourd'hui du serment des premiers jours des Seven Seals ? Qui a en mémoire la prophétie de don Alessandro Benedetto ? Qui se souvient de Iakov Mavriki, mort pourtant moins de vingt ans auparaavant ? Rarement la mémoire des hommes n'a été aussi faible, aussi sélective. Tout fut balayé sous les remous des guerres personnelles. Plus personne ne se retrouvait à l'abri et même la Police sombra dans ces petits jeux mesquins. La violence urbaine du début des années 2000, les tortures perpétrées, les "exemples" répondants aux "exemples", rien ne fut épargné aux citoyens de la Cité. Il apparut en ces jours sombres. Véritable ombre insaisissable, impitoyable, sans merci. Un homme implacable, subtil tout autant que nuancé, un être qui respirait l'intérêt et le Mal. On aurait pu le croire sorti d'un conte pour enfant tellement les actes qu'il avaient perpétrés semaient peur et confusion même chez ses plus impitoyables ennemis. Un homme solitaire, bien entouré cependant et fondamentalement inaccessible. Il sut se rendre indispensable à tous les milieux urbains et en l'espace de quelques années, tous les pontes de la cité étaient dépendants de lui. Sa mise au pas du secteur informel s'effectua selon un vieil adage bien connu: une poigne de fer dans un gant d'acier. La ville finit écrasée sous une chape de plomb. Il se faisait nommer Monsieur [...]. Sa politique d'acier fit disparaître un à un les gangs, condamnant leurs membres à l'anonymat ou à la disparition. Et s'il laissait des organisations comme la Hermandad subsister, c'était pour mieux la contrôler, elle, son trafic et ses revenus. Aujourd'hui, en janvier 2009, il est nécessaire de constater que la mafia est devenue unique, toute puissante, multi-nationale. La Police est partagée entre les officiers véreux qui ont vendus leur âme au diable, les idéalistes, les désabusés qui se retrouvent bras ballants devant une situation qui les dépasse complètement. Le seul souci ? Personne ne connaît plus la limite entre légalité et illégalité... Où est passé la fameuse ligne jaune qui jadis séparait les deux milieux ? Nul ne sait si son prochain est ou non corrompu ... Et que dire de ces Outlaws... Le temps est fini où les Tueurs à Gages et Mercenaires régnaient en maître ... Les temps sont durs pour eux, même si leurs capacités restent reconnues et appréciées. D'autant plus que ces derniers temps, ... Ils semblent exécuter des contrats qui ne leur viennent pas que de la Sainte autorité du Parrain de la ville. |
|  | | | | Interlude 01 : Des Origines à nos jours | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|